Projet de loi « Asile et Immigration » – Le « nouveau monde » en marche arrière.

COMMUNIQUÉ

 

 

Cent cinquante-quatre. C’est le nombre de députés présents à l’Assemblée nationale ce dimanche matin du 22 avril 2018 pour le vote d’une mesure éminemment nauséabonde du projet de loi asile-immigration : l’extension de la durée maximale de séjour en centre de rétention administrative.

Défendue par l’actuel ministre de l’intérieur, cette mesure, portant le délai originel de 45 jours à 90, frappe au cœur de l’idéal français d’accueil et de respect des étrangers déboutés de leur demande d’asile que nous, jeunes socialistes, défendons ardemment.

Si effectivement, le droit d’asile ne saurait être accordé à tous, répondant avec précision aux critères de la Convention de Genève de 1951, il demeure constitutionnel et témoigne de la volonté d’accueillir et non de rejeter. Les centres de rétention administrative, qui ne sont qu’un sas de transit pour ceux dont a été prononcée l’expulsion, représentent aujourd’hui bien souvent un lieu de détention contre ceux y séjournant.

Lorsqu’en 2018, le Défenseur des droits, accompagné de la Cimade et de nombreuses autres associations et organisations non gouvernementales, constatent encore que des enfants sont soumis aux tristes conditions de vie que réservent ces lieux, il est urgent de se demander si le Gouvernement oublie la Convention relative aux droits de l’enfant à laquelle il est partie. La question se pose doublement lorsque même neuf membres sa propre majorité ont voté contre cette mesure.

En allongeant la durée maximale de rétention de ces personnes déboutées du droit d’asile, l’Etat fait ainsi preuve de violence en leur témoignant un message bien précis : ils sont totalement à sa merci. Qu’ils soient femmes, hommes, enfants, l’Etat en dispose. Et ce pour 90 jours, dans des locaux où la dignité humaine semble parfois totalement absente. Faisant la promesse d’aménager ces centres de rétention administrative, l’Etat prouve ainsi qu’il en a totalement conscience mais préfère y confiner ces personnes pour une durée encore plus longue.

Au regard de ce vote totalement scandaleux, nous, jeunes socialistes des Pyrénées-Atlantiques, dénonçons, d’une part, l’absentéisme le plus total dont a bénéficié le vote de cette mesure pourtant extrême (154 députés sur 577 étaient présents) ; et d’autre part, l’affront que fait le Gouvernement, en la personne de son ministre de l’intérieur, à notre tradition française séculaire d’accueil des autres.

Qu’ils soient combattants de la liberté, au sens de notre préambule de 1946, ou simplement en quête d’un futur meilleur, la France est tributaire à leur égard de respect sous peine de continuer à détruire l’image de « pays des droits de l’homme » à laquelle s’accrochent ces hommes et ces femmes. Mais qui à l’arrivée n’y trouvent que leur déshumanisation.

Les Jeunes Socialistes des Pyrénées-Atlantiques 

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