Good Year, 2016?

Communiqué goodyear

L’année 2016 s’ouvre décidément sur un climat politique, sécuritaire et social de très mauvais augure !

Nous nous sommes récemment engagés aux côtés de très nombreux élus et militants socialistes pour demander l’abandon du projet d’inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution. Les débats sur cette mesure promettent d’être rudes et nous nous mobiliserons dans les mois qui viennent pour rappeler le gouvernement à la raison.

Mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer que le mardi 12 janvier 2016 restera dans les esprits à gauche. Non pas en raison du ton agressif et insultant du premier ministre à l’encontre d’un député de la majorité qui s’opposait à la déchéance de nationalité. Huit salariés de l’usine Goodyear ont en effet été condamnés mardi à quinze mois de prison, dont neuf fermes par le Tribunal Correctionnel d’Amiens. Comme le souligne l’avocat des prévenus, « c’est la première fois que des peines de prison ferme sont prononcées contre des syndicalistes ». Cette décision de justice nous heurte au plus haut point et ne peut nous laisser indifférents.

En premier lieu, parce qu’il faut tenir compte de la situation des salariés de l’usine Goodyear d’Amiens en 2012. Après l’annonce de la suppression de 400 postes en 2008, puis de 1000 postes en 2009, c’est finalement en 2012 tout le site de Goodyear et ses 1450 emplois qui doivent disparaitre alors que les la société engrange des bénéfices colossaux. Ni le juge, ni le citoyen lambda ; personne ne sait comment il aurait réagi face à une telle violence et un tel cynisme de sa direction. Alors s’est engagée une lutte sociale pour la sauvegarde de l’emploi. L’on peut contester la méthode, mais de quel autre moyen disposent les salariés pour s’opposer au patronat, si ce n’est en perturbant le fonctionnement de l’entreprise ? Tous les mouvements sociaux sont passés par des phases de violence, souvent plus symbolique que réelle et c’est grâce à ces méthodes syndicales qu’il existe aujourd’hui un droit du travail et que le licenciement n’est plus arbitraire.

En deuxième lieu, nous souhaitons rappeler que la direction de Goodyear avait retiré sa plainte, reconnaissant le rôle constructif des syndicalistes dans le bon déroulement du mouvement revendicatif. C’est finalement le parquet, encore placé sous l’autorité du ministère de la justice, qui a décidé de poursuivre huit syndicalistes. Quel est le rôle du gouvernement ? Quelle sera sa réaction qui tarde à venir ?

En troisième lieu, nous dénonçons une décision de justice à visée politique, qui criminalise l’action syndicale et compare le gréviste au délinquant. Nous sommes atterrés de voir que la ligne rouge de la prison ferme ait ainsi été franchie alors que des alternatives et modulations étaient possibles.

Nous tenions également à rappeler que comme toute décision de justice, elle est prononcée par les magistrats qui sont indépendants du gouvernement. Les invectives de M. Mélenchon à l’égard de la ministre de la justice faussent le débat en induisant en erreur nos concitoyens. Nous ne doutons pas que la Garde des Sceaux adressera une instruction au ministère public tendant à ne pas poursuivre avec une telle sévérité des faits révélant l’exaspération et la désespérance sociale de femmes et d’hommes qui ne luttaient que pour défendre leur emploi et leur dignité.

Nous espérons vivement que la Cour d’Appel compétente en seconde instance désavouera cette décision, qui, si elle était confirmée, marquerait un tournant antisocial inquiétant dans la justice Française.

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